Mission. Insertion (Philippe Labbe Weblog. II)

Invitation à lire et comprendre la complexité… facilement. (Philippe LABBE, 07 septembre 2015)

7 Septembre 2015, 15:06pm

Publié par mission

Avec la rentrée littéraire, comme d’habitude, les bookmakers médiatiques vont tenter de nous tenir en haleine avec les pronostics des récipiendaires des différents prix (Goncourt, Médicis, Femina…), combinazione et tripatouillage entre les grands éditeurs, overdose de l’hypertrophique Christine Angot (« Hypertrophie de l’Angot », Le Canard enchaîné, 2 septembre 2015) ou du clone célinien franchement réac Houellebecq.

Cela fait longtemps que, pour inviter à comprendre la complexité, mot qui fait autant consensus qu’il est généralement insuffisamment maîtrisé, j’invite à lire Edgar Morin, particulièrement parmi sa soixantaine d’ouvrages - dont le monument (six volumes !) La Méthode - celui déjà ancien Introduction à la pensée complexe (1990, Paris, ESF éditeur… dédicacé… yes !). Et bien Edgar Morin, ce sociologue-philosophe humaniste, nous offre en ce mois de septembre un petit bouquin (128 pages), clair, limpide me permettant d’actualiser ma recommandation de lecture : Penser global. L’humain et son univers (Paris, Robert Laffont).

Le « principe hologrammatique » vous décourage avant même que vous soyez parvenu à l’énoncer ? La « boucle récursive » clôt irrésistiblement vos paupières ? En deux pages vous aurez compris sans effort ces concepts-clés de la pensée complexe : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » nous disait Boileau. C’est le cas.

Bien sûr, les amateurs éclairés et les exégètes de Morin n’apprendront pas grand chose de nouveau mais, lorsque la boussole axiologique est déréglée comme en ces temps gris, il est toujours utile de revenir à l’essentiel. Cet ouvrage est utile, se lit en 3-4 heures (soit le temps moyen que le Français passe quotidiennement devant cette étrange lucarne de télévision…), est accessible à tous comme le fût Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur (je n’ai plus la date, on ne me l’a pas rendu) ou La tête bien faite (1999, Paris, Seuil).

Illustration avec un extrait de la 5ème page en remplaçant « enseignement » par « insertion » :

« Les trois notions d’individuel, de social et de biologique sont indissociables. L’une ne peut fonctionner sans l’autre, et l’apparente simplicité d’un tel trio cache en réalité des interactions complexes. Cependant, cet humain trinitaire reste méconnu dans notre {insertion}.

Notre système d’ {insertion} présente une disjonction dramatique entre ces trois polarités fondamentales de l’homme. »

Pas très compliqué de constater que là réside le hiatus majeur de l’insertion : d’un côté une conception globale de l’individu indissociable, de l’autre côté la pensée disjonctive qui sépare. Une logique de la complexité contre l’illogisme de la complication. Ca ne résout pas tout de le savoir mais ça permet d’entrer ou de rester en résistance.

 

 

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