Mission. Insertion (Philippe Labbe Weblog. II)

Insertion et niveau de diplôme. Lecture rapide (Philippe LABBE)

5 Mars 2012, 21:22pm

Publié par mission

Ci-dessous une lecture rapide du DARES Analyses n° 13 de février 2012, « Evolution récente de l’insertion des jeunes sur le marché du travail selon le niveau de diplôme ». C’est signé de Béatrice Le Rhun et Claude Minni. Peu de commentaires, juste quelques extraits qui peuvent servir les uns et les autres lors d’une présentation générale de l’insertion professionnelle des jeunes. Ces données sont issues de l’enquête Emploi de l’INSEE, une enquête à laquelle répondent chaque trimestre 105 000 personnes. L’enquête Emploi est la seule source statistique qui permet de déterminer la situation des individus sur le marché du travail conformément aux normes du Bureau international du travail (BIT).


« Parmi les 700 000 jeunes achevant leurs études initiales chaque année, près de 2 sur 10 n’ont aucun diplôme ou seulement le brevet des collèges, un peu plus de 4 sur 10 possèdent comme diplôme le plus élevé un diplôme du 2nd cycle du secondaire (CAP, BEP, baccalauréat ou diplômes de niveau équivalent) et, enfin, un peu plus de 4 sur 10 sont diplômés de l’enseignement supérieur. »

P.L. Soit 6 jeunes sur 10 avec un niveau IV ou moins qui, compte-tenu de la généralisation des difficultés d’insertion, constituent à peu de choses près la population-cible des missions locales, 420 000 jeunes, auxquels s’ajoutent les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur dont le diplôme n’est guère un sésame pour la vie active.


« Depuis plusieurs décennies, le niveau de diplôme des jeunes hommes et des jeunes femmes n’a cessé d’évoluer en faveur de ces dernières. En 2010, 70 % des sortants peu ou pas diplômés sont des hommes, contre 50 % à la fin des années 1970. À la fin des années 2000, seules 12 % des femmes terminant leurs études initiales sont peu ou pas diplômées, contre 23 % des hommes. »

P.L. Allez les filles ! comme l’écrivaient Baudelot et Establet (Le Seuil, 1992).


« De 1975 à 2010, le taux d’activité des jeunes ayant achevé leurs études initiales depuis un à quatre ans est resté relativement stable. Le taux d’activité des peu ou pas diplômés a décru quant à lui tout au long de la période. La baisse a été supérieure à 15 points entre 1978 et 2010. »

P.L. Plus le temps passe, moins ceux qui sont peu ou pas diplômés trouvent à s’insérer professionnellement.


« Dans les premières années suivant la fin des études, l’insertion des jeunes dans l’emploi est progressive. Les jeunes sont ainsi plus souvent au chômage que les actifs ayant plus d’ancienneté sur le marché du travail. Fin 2010, 19,5 % des actifs qui ont terminé leur formation initiale entre 2006 et 2009 (« actifs récents ») sont au chômage, contre 11,4 % de ceux présents sur le marché du travail depuis cinq à dix ans et 7,4 % de ceux ayant plus de dix ans d’ancienneté. Au cours des premières années suivant la fin des études, les différences selon le niveau de diplôme sont considérables : le taux de chômage des actifs récents ayant au plus un brevet des collèges s’élève à 45 % fin 2010, contre 27 % pour les diplômés d’un CAP ou BEP, 18 % pour les bacheliers et seulement 10 % pour les diplômés du supérieur. »

P.L. Dans un ensemble critique pour la quasi-totalité de la jeunesse, le diplôme n’est plus une garantie d’insertion mais le fait de ne pas en posséder garantit l’inverse.


« Ces écarts sont structurels depuis 1975 : le taux de chômage des actifs récents a toujours été nettement supérieur à celui des plus anciens et il est d’autant plus faible que le niveau de diplôme est élevé. Mais l’ampleur de ces écarts a varié en fonction de la conjoncture économique. »

P.L. Au structurel – trente-cinq années - s’ajoute un conjoncturel… qui dure. Démonstration on ne peut plus nette : « La probabilité d’un jeune actif d’être au chômage plutôt qu’en emploi en début de vie active est, depuis 1978, entre 4 et 10 fois plus élevée pour un peu ou pas diplômé que pour un diplômé du supérieur. »


« Au sein des actifs récents, le travail à temps partiel est plus fréquent chez les peu ou pas diplômés, bien que ces derniers soient plus souvent des garçons : parmi ceux qui travaillent, près d’un quart est à temps partiel, contre environ 2 sur 10 pour les diplômés du secondaire et seulement 1 sur 10 pour les diplômés du supérieur. »

P.L. Les peu ou pas diplômés s’insèrent plus difficilement et, lorsqu’ils trouvent un emploi, les conditions contractuelles sont plus précaires. La « galère », il n’y a pas d’autre mot.


« Parmi les personnes occupant un emploi, certaines sont en situation de sous-emploi. Il s’agit de personnes travaillant à temps partiel mais qui souhaiteraient travailler davantage (temps partiel subi) ou de personnes en situation de chômage technique ou partiel. Ces situations sont beaucoup plus fréquentes dans les premières années suivant la fin des études. En 2010, 9,8 % des actifs récents en emploi sont en situation de sous- emploi contre 5,5 % des actifs occupés ayant terminé leurs études depuis plus de dix ans. Pour les actifs récents peu ou pas diplômés, ainsi que pour ceux titulaires d’un CAP ou d’un BEP, le taux de sous-emploi dépasse, en 2010, les 15 %, soit près de trois fois plus que pour les diplômés du supérieur. »

P.L. En d’autres termes, le risque de chômage pèse lourdement sur les peu ou pas diplômés et, parmi ceux-ci, les « chanceux » sont nombreux à connaître la précarité, l’atypie de ces situations étant d’autant plus forte que les jeunes sont récemment arrivés sur le marché du travail : ce que l’on peut appeler un bizutage social.


« Au cours des années 1990, le salaire médian des plus diplômés en début de vie active a nettement baissé (-15 % pour les diplômés de l’enseignement supérieur long et près de -7 % pour les diplômés de l’enseignement supérieur court et les bacheliers) alors qu’il restait globalement stable pour les diplômés d’un CAP ou BEP et les peu ou pas diplômés. »

P.L. Tout simplement parce que le salaire médian de ces derniers est proche du SMIC et, donc, ne peut pas beaucoup descendre.

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