Mission. Insertion (Philippe Labbe Weblog. II)

L’accompagnement socioprofessionnel (ASP) en mission locale. Une approche systémique. (Philippe LABBE, 27 mars 2012). 5/5

18 Mai 2012, 12:14pm

Publié par mission

Quatre personnages pour une personne dans quatre sphères pour quatre finalités…

25. Socioprofessionnel, qu’il soit ou non « renforcé », mais subséquemment avec une plasticité et une graduation de l’intensité de l’offre de service, l’accompagnement s’exerce dans quatre sphères interdépendantes, poreuses. Dans chacune d’entre elles, la personne poursuit une finalité particulière, l’accompagnement visant à l’aider à atteindre celle(s)-ci, l’une, plusieurs ou toutes selon les besoins et aspirations. Quatre « personnages », qui constituent la personne (41), cohabitent dans ces quatre sphères - le Sujet, l’Acteur, le Citoyen et le Producteur (42) - et la finalité générale ou ultime est l’intégration reposant sur l’indépendance économique et l’autonomie sociale. Cette intégration appelle plusieurs registres ou « logiques d’action », pour reprendre les termes de François Dubet : une logique d’intégration dans la communauté humaine, une logique stratégique dans l’espace de concurrence du marché et une logique de subjectivation dans le registre de l’historicité « issue de la tension entre une conception de la créativité et de la justice d’une part et des rapports de domination d’autre part. » (43)

 

Sphères

Dimensions

Idéaux-types

Finalités particulières

Champs

Finalité

générale

Logiques d’action

Economique

micro/méso/macro

Producteur

Autosubsistance

Indépendance

 

Intégration

 

 

Stratégie

Individuation

micro

Sujet

Accomplissement

 

Autonomie

Intégration

Sociabilité

méso

Acteur

Lien/Altérité

Sociétal

macro

Citoyen

Emancipation

Subjectivation

 

 

- Le Sujet évolue dans le monde de l’intime, dimension micro, qu’on appelle l’individuation (44). Il y est question de sa santé, de son équilibre psychologique, de ses relations avec ses proches, de son logement. Le Sujet aspire à l’accomplissement… qui n’est pas nécessairement l’atteinte d’une cime. Il peut être la congruence : ne pas boiter, marcher sur ses deux pieds, être en cohérence pensées/pratiques, aspirations/réalisations… L’objet privilégié de l’accompagnement est ici l’acquisition par le jeune d’une confiance en lui-même (le « capital symbolique ») et la résolution des problèmes sociaux, à tort souvent caractérisés de « périphériques », qui, s’ils persistaient, obèreraient une intégration durable : disposer d’un toit, avoir accès aux soins…

 

- L’Acteur navigue dans l’archipel des relations, dimension méso, qu’on appelle la sociabilité (45). L’acteur est un être social et communiquant ; il rencontre les autres, se lie d’amitiés mais aussi de sympathies brèves ; il participe, fait avec les autres et s’associe ; il investit son quartier, constitue le voisinage ; il reconnaît, est reconnu. L’Acteur aspire à l’altérité. L’accompagnement, ici, élargit le réseau du jeune, multiplie les « liens faibles ». (46)

 

- Le Citoyen regarde haut et loin jusqu’à la société ; il retrousse ses manches et plonge ses mains dans les enchevêtrements institutionnels et politiques, dimension macro, qu’on appelle le sociétal (47). N’opposant pas les éthiques de conviction et de responsabilité, le Citoyen est convaincu et se veut responsable ; il veut jouir de ses droits ; il respecte aussi ses devoirs… du moins en théorie ; il constate que la société ne fonctionne pas comme elle le devrait et il agit pour la changer. Le Citoyen aspire à l’émancipation.

 

- Le Producteur gagne son pain en travaillant mais, comme l’exercice du travail ne se résume pas à un lieu de production, il s’affirme dans un espace de socialisation fait de codes, de signes de reconnaissance, d’appartenance et de distinction, dimensions micro – méso – macro, qu’on appelle l’économique. Le Producteur aspire prioritairement – mais cela ne s’y limite pas - à l’autosubsistance. Il aspire également à la reconnaissance de son utilité dans le travail, à ce que nous avons appelé la « professionnalité » et qui, comme indiqué, est une des trois composantes de la professionnalisation avec la « profession » et le « professionnalisme ».

 

26. Dans la sphère de l’économique, l’objectif est l’indépendance financière via l’accession à l’emploi (48) et le revenu qui lui est attaché. Mais cet objectif est lui-même insuffisant et devrait s’accompagner d’une capacité de la personne à gérer des discontinuités, sinon systématiques du moins prévisibles particulièrement pour des emplois de bas niveau de qualification. La contradiction majeure est que cette gestion est d’autant plus facile ou moins difficile que la personne est dotée des capitaux points de passage obligé. Or, précisément, c’est généralement l’inverse que l’on rencontre parmi ceux qui rencontrent des difficultés d’insertion, a fortiori parmi les jeunes qui n’ont pas encore disposé de suffisamment de temps pour se constituer cet actif (références, capital social…). Si stabiliser socialement un jeune (logement, santé…) peut constituer un atout dans cette anticipation des risques, on sait que cela ne suffit pas car une perte d’emploi signifie, sans même parler de « perte de soi » (49), une fragilité économique qui peut très rapidement mettre à bas l’édifice des protections matérielles.

A une échelle macro, ceci appelle et, sans doute, exige des dispositions législatives inscrivant dans le marbre le droit à une indépendance financière telle que l’allocation d’autonomie demandée dans le Manifeste pour une politique ambitieuse pour la jeunesse (juin 2009) de l’UNML et des partenaires sociaux : « C’est pourquoi, dans ces périodes charnières, seules sont envisageables des dispositions qui permettent à la fois de maintenir la motivation des jeunes tout en leur garantissant une autonomie financière. Nous proposons le versement d’une allocation d’autonomie potentiellement mobilisable pour tous les jeunes accompagnés par les missions locales. » (50) Sans le corréler explicitement à un accompagnement (51), le mouvement « Pour un big-bang des politiques jeunesses » rejoint cette proposition de « versement d’une allocation qui constitue la contrepartie de l’engagement que prend chaque jeune majeur. Cette allocation est versée directement à tous les jeunes, sans aucune référence aux ressources familiales. Elle remplacera les diverses aides versées aux familles au titre des enfants majeurs, ainsi que les bourses de l’enseignement. Cette disposition vise d’abord à accompagner le nécessaire investissement de tous dans la formation. Elle contribuera à réduire une dépendance des jeunes adultes vis-à-vis de leur famille qui constitue pour les familles modestes et moyennes une lourde charge et pèse souvent fortement sur les relations parents-enfants. Enfin elle traduit le choix de considérer qu’à compter de sa majorité chaque jeune, responsable civilement et pénalement, est titulaire de l’ensemble de ses droits sociaux. » (52)

A l’échelle de l’ASP proprement dit, l’enjeu recouvre principalement la capacité de l’intervenant et de l’usager à sédimenter en expérience toutes les situations professionnelles mais également extra-professionnelles qui correspondent à des compétences acquises et transférables dans le champ de l’emploi. C’est donc à partir du thème du portefeuille de compétences, de la réunion et de l’agrégation de ce qui est dispersé, que l’effort doit porter car il ne peut y avoir de projet sans que la personne ne dispose d’un socle pour prendre son élan, s’élever ou simplement faire face aux aléas d’un marché de l’emploi déstabilisant. Pas de rameaux sans racines.

 

27. Enfin l’ASP n’est plus seulement vers mais dans l’emploi. Ce saut qualitatif du « vers » à « dans » l’emploi modifie substantiellement les pratiques d’accompagnement et les représentations des conseillers de leurs métiers (deux « clients » au lieu d’un seul « usager », le demandeur d’emploi et l’entreprise), contraignant théoriquement une partie de ces derniers à une acculturation au regard de leurs postures vis-à-vis des entreprises et de l’économie marchande. Des solutions organisationnelles, variables selon les structures, peuvent exiger cette acculturation ou, au contraire, l’éviter par exemple en opérant une division du travail (« chargés de relations entreprises », équipe emploi dédiée voire mutualisée avec Pôle emploi, une Maison de l’Emploi, un PLIE…). Cependant – et cela constitue un point de vigilance – l’évolution « dans » l’emploi contraint à repositionner les intermédiaires de l’emploi dans une dimension qu’ils n’auraient jamais dû sous-estimer : l’efficacité de la politique de l’emploi est déterminée par son articulation avec les stratégies micro-économiques des entreprises et des territoires, ce qu’en théorie les SPEL doivent travailler. Mais, par définition, un SPEL (ne) s’occupe (que) d’emploi. Il semble donc nécessaire, au regard de ce principe d’approche systémique, que les missions locales soient à l’initiative et en pilotage - avec le niveau correspondant de collectivité territoriale - d’une politique locale d’insertion qui, dans la mesure où l’insertion concerne la quasi-totalité de la génération jeune, pourrait être une politique jeunesse(s).

Cette conception systémique de l’APS appelle également à ce que l’intervention ne se cantonne pas au jeune mais qu’elle entreprenne de faire évoluer le « système du marché du travail » dont, particulièrement, ses acteurs que sont les employeurs. S’il faut socialiser la jeunesse, il faut synchroniquement civiliser les entreprises car « Renoncer à civiliser l’entreprise, à mesurer sa contribution à l’accroissement d’utilité sociale qu’elle procure, à replacer son action dans le cadre général de la société reviendrait à accepter la société comme un pur appendice du marché… » (Méda, 1999, p. 117).

Outre cette cohérence interne – agir sur l’interaction et non sur une seule partie de celle-ci -, « Cette vision cherche également à renforcer la dignité et l’estime de soi des populations les plus pauvres {…} L’enjeu est d’asseoir et de démocratiser une véritable citoyenneté économique. » (53) Ce n’est pas rien et c’est enthousiasmant : ce qu’il faut pour la régénération de l’intervention sociale, assise sur le concept stable, robuste et transmissible de l’accompagnement, que ses principaux acteurs définissent comme « le cœur » de leur métier et qui ne peut se contenter d’apparaître au bout du chapelet après que l’on ait égrené l’accueil, l’information et l’orientation.

 

 

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(41) Ces quatre personnages sont distingués pour la compréhension mais, bien sûr, sont interdépendants. Alain Touraine exprime ainsi cette interdépendance entre le Sujet et l’Acteur : « Le Sujet est le passage du Ca au Je, le contrôle exercé sur le vécu pour qu’il ait un sens personnel, pour que l’individu se transforme en acteur qui s’insère dans des relations sociales en les transformant, mais sans jamais s’identifier complètement à aucun groupe, à aucune collectivité. Car l’acteur n’est pas celui qui agit conformément à la place qu’il occupe dans l’organisation sociale, mais celui qui modifie l’environnement matériel et surtout social dans lequel il est placé » en transformant la division du travail, les modes de décision, les rapports de domination ou les orientations culturelles. », op. cit., p. 243.

(42) « Si l’on distingue ainsi plusieurs sphères, raisonnant par commodité en termes de séparabilité, le plus important demeure toutefois invisible. En filigrane, il est en quelque sorte une deuxième peau qui recouvre ces dimensions, qui les infiltre, les imprègne et les unit (complexus : « ce qui relie »). Ce tissage est présent à l’échelle du sujet qui, à vrai dire, n’a que faire de la disjonction de l’économie, du social, de la sociabilité et de l’individuation. Ce sujet sait bien que tout est dans tout et que, si quelque chose est défaillant ici, ce que l’on appelle les interdépendances fera que cela dysfonctionnera là, puis partout par contamination. » Abhervé M., Labbé P. (dir), 2005, L’insertion professionnelle et sociale des jeunes ou l’intelligence pratique des missions locales, Apogée, p. 91. Cette typologie « individuation – sociabilité – sociétal – économique » a été plus développée par Labbé P., 2009, dans « Qu’est-ce que le social ? », CPNEF Branche professionnelle des acteurs du lien social et familial, Veille, Projet, Evaluation, pp. 81-100.

(43) François Dubet, 1994, Sociologie de l’expérience, Seuil, p. 253. Dans la logique de l’intégration, l’acteur se définit par ses appartenances, vise à les maintenir ou à les renforcer au sein d’une société considérée alors comme un système d’intégration. Dans la logique de la stratégie, l’acteur essaie de réaliser la conception qu’il se fait de ses intérêts dans une société conçue alors « comme » un marché. Dans le registre de la subjectivation sociale, l’acteur se représente comme un sujet critique confronté à une société définie comme un système de production et de domination. » (p. 111)

 (44) Le concept d’individuation, emprunté à la psychanalyse jungienne, recouvre le fait d’être vraiment soi, tout ce que l’on est et seulement ce que l’on est : « La voie de l'individuation signifie : tendre à devenir un être réellement individuel et, dans la mesure où nous entendons par individualité la forme de notre unicité la plus intime, notre unicité dernière et irrévocable, il s'agit de la réalisation de son Soi, dans ce qu'il a de plus personnel et de plus rebelle à toute comparaison. » (Jung C. G., 1993, Dialectique du           Moi et de l'Inconscient, Gallimard, http://fr.wikipedia.org/wiki/Individuation ). Son paradigme est donc l’autonomie (autonomos: « gouverner selon sa propre loi »), la méta-valeur que l’individuation appelle est la liberté et la distance d’interaction est petite : de l’individu lui-même (intégrité physique et psychique) à sa famille (conjoint-te, ascendants, descendants). La personne est « sujet », ce qui signifie que sa singularité est privilégiée sans toutefois que celle-ci soit indépendante du contexte, de l’environnement : « ... le sujet inscrit son action dans un cadre social contraignant, dans une histoire personnelle et structurante, ce qui n’enlève en rien à sa possibilité de choix et ne remet pas en cause, a posteriori, de tendances. Si chaque sujet peut a priori tout faire, il ne fait pas n’importe quoi car il existe des régularités et des contraintes dans les actions en société, des tendances qui distinguent les groupes sociaux. Si chacun est potentiellement doué de stratégie, le contexte social ne permet pas toujours et pas également de développer cette capacité. » (Rose J., 1998, Les jeunes face à l’emploi, Desclée de Brouwer, p. 70). Le sujet est donc unique, original, mais cette singularité s’inscrit aussi un habitus social, « emprunte sociale commune du comportement individuel » pour reprendre la formule de Norbert Elias. Pour Edgar Morin, « Nous autres, êtres culturels et sociaux, nous ne pouvons être autonomes qu’à partir d’une dépendance originelle à l’égard d’une culture, à l’égard d’un langage, à l’égard d’un savoir. L’autonomie est possible non pas en termes absolus mais en termes relationnels et relatifs. » (MorinE., 1999, La tête bien faite. Repenser la réforme, réformer la pensée, Seuil, p. 145). Morin identifie quatre principes de définition du sujet : « l’égocentrisme au sens littéral du terme : se mettre au centre de son monde » [p. 147] ; la permanence de l’auto-référence, « le sujet reste le même. Il dit simplement « j’étais enfant», «j’étais en colère», mais c’est toujours le même «je» alors que les caractères extérieurs ou psychiques de l’individualité se modifient. » [p. 148] ; l’exclusion qui « peut s’énoncer ainsi : si n’importe qui peut dire « je », personne ne peut le dire à ma place. » [p. 148] ; enfin de principe d’inclusion : « Je peux inscrire un « nous » dans mon « je », comme je peux inclure mon « je » dans un « nous ». » [p. 148].

(45) Empruntant les notions de « sociabilité primaire » et « secondaire » à Alain Caillé, Robert Castel définit la première comme « les systèmes de règles liant directement les membres d’un groupe sur la base de leur appartenance familiale, de voisinage, de travail, et tissant des réseaux d’interdépendances sans la médiation d’institutions spécifiques.» (Castel R., 1995, Les métamorphoses de la question sociale, Arthème Fayard, p. 49). Cette sociabilité primaire s’observe (-vait?) dans les sociétés paysannes, de type « solidarité mécanique » pour reprendre la terminologie durkheimienne. Par contraste, la sociabilité secondaire est celle des sociétés où il existe une spécialisation des activités (division du travail et du social, « solidarité organique ») et des médiations institutionnelles, ce qualificatif devant être compris au sens large des corps intermédiaires. La sphère de la sociabilité correspond donc ici au champ des relations autres que celles de la famille et inclut le voisinage, les amis, les personnes avec lesquelles le sujet est impliqué dans des activités multiples telles que les loisirs, le travail, l’engagement militant, etc. On pourrait aussi avec Jean Baechler distinguer la sociabilité et la « sodalité ». Cette dernière désigne des groupes dont les membres poursuivent des buts communs alors que la sociabilité est plus volatile et peut tout simplement recouvrir le plaisir d’être ensemble : « C’est pourquoi le phénomène le plus typique de la sociabilité humaine est peut-être la conversation. » inBaechler J., « Groupes et sociabilité », (dir.) Boudon R., 1992, Traité de sociologie, PUF, p. 73.

(46) Le concept de « liens faibles » a été développé par le sociologue américain MarkGranovetter dans sa thèse de sociologie en 1985, Getting a job : les actions que les acteurs entretiennent pour atteindre un objectif sont encastrées dans un système concret et continu de relations sociales et, par exemple, pour trouver un emploi, il vaut mieux disposer d’un réseau large de personnes avec lesquelles on a des relations superficielles qu’un petit noyau de relations solides, « liens forts », certes stables mais généralement constituées d’individus (famille, amis proches) qui n’offrent pas un spectre large d’opportunités puisqu’elles ne connaissent que les mêmes personnes (l’embeddedness). En conséquence, la force que représente un intervenant social réside dans sa position de « marginal-sécant » au bénéfice de ses usagers : capable de participer à des groupes et à des réseaux différents, il permet aux personnes de se rencontrer, d’élargir le cercle de leurs relations et, corrélativement, le champ des opportunités. Les travaux de Granovetter ont été développés dans le cadre de la théorie de la médiation, en particulier par Yves Barrel.

(47) L’adjectif « sociétal » est emprunté à l’anglais, l’édition 1993 du Petit Robert le proposant avec la définition suivante : « relatif aux valeurs et aux institutions de la société ». Le Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière de Louis Ménard (Institut Canadien des Comptables Agréés, 1994, Toronto), sous la rubrique « social accounting », définit le bilan social comme un « document récapitulant les principales données chiffrées qui permettent d’apprécier la situation de l’entité dans le domaine social », et l’auteur, dans une note, établit une distinction entre « information sociale » et « information sociétale » : la première regroupe les données relatives au fonctionnement social de l’entreprise, touchant notamment la rémunération, les conditions physiques d’emploi, la sécurité, la formation du personnel ; la seconde est réservée aux informations communiquées par l’entreprise en réponse aux actions menées par différents groupes de pression, en particulier les mouvements écologistes et de défense des consommateurs. La notion de « sociétal » a connu un fort essor avec les thématiques du développement durable et de la responsabilité sociale ou, précisément, sociétale de l’entreprise, celle-ci étant comprise comme un processus permanent d’amélioration dans le cadre duquel les entreprises intègrent de manière volontaire, systématique et cohérente des considérations d’ordre social, environnemental et économique dans la gestion globale de l’entreprise ; à cet égard, la concertation avec les parties prenantes de l’entreprise fait partie intégrante du processus. L’Index international et dictionnaire de la réadaptation et de l'intégration sociale (IIDRIS) définit l’attitude sociétale comme les « Opinions et points de vue généraux et spécifiques qu'ont les membres d'une culture, d'une société, de groupement sous-culturels ou autres sur la personne considérée ou sur d'autres sujets (par ex. enjeux sociaux, politiques et économiques) qui influent sur le comportement et les actes individuels. » (www.med.univ-rennes1.fr/iidris/cache/fr/7/782 ).

(48) L’emploi est entendu aujourd’hui, de façon quasi-exclusive, comme l’emploi dans le secteur marchand. Cette conception étriquée devrait a minima s’élargir à l’emploi public et à l’emploi du tiers secteur (économie sociale).

(49) S’agissant de la perte d’emploi dans le cadre d’un plan social ou d’une fermeture d’entreprise, Danièle Linhart écrit : « Le sentiment d’inutilité et de perte de sens est encore plus fort, car ce ne sont pas que des hommes et des femmes qui sont devenus inutiles, mais c’est tout un monde qui s’effondre, avec ses règles, ses habitudes, ses valeurs, sa culture, sa force, ses réalisations, les souvenirs qui y sont enfouis, et toutes les traces d’un passé commun qui faisait sens. » (Linhart D. (avec) Rist B., Durand E., 2003, Perte d’emploi, perte de soi, Ramonville Saint-Ange, éditions Érès, p. 33.

(50) Notons que ce manifeste conditionne cette allocation à un « accompagnement mis en place par un professionnel, garant de l’engagement du jeune et mobilisant les actions, outils et prestations nécessaires à l’élaboration de son parcours. L’intervention des accompagnateurs autorise l’attribution de l’allocation à des jeunes en risque de marginalisation ou très éloignés de l’emploi. L’allocation et l’accompagnement peuvent ainsi avoir un pouvoir motivant pour ce public en l’aidant à s’engager et à se maintenir dans un parcours dynamique. »

(51) « Les modalités de mobilisation de ces droits devront être définies de telle manière qu’ils facilitent, voire favorisent des parcours diversifiés, contribuant à travers des expériences multiples, à l’acquisition de compétences professionnelles et sociales plurielles. »

(52) www.bigbangjeunesse.net

(53) Frédéric Dalsace, David Ménascé, Pierre Victoria, 2011, L’entreprise contre la pauvreté, Fondation Jean Jaurès, « Les Essais », p. 18.

 

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