Mission. Insertion (Philippe Labbe Weblog. II)

Le Céreq souhaite sécuriser le parcours des apprentis N°1 (Rbeaune, 12/12/2012)

12 Décembre 2012, 20:04pm

Publié par mission

Cet article fait suite au BREF N° 301 


Mais surtout à une expérimentation conduite de 2009 à 2011 en Côte d’Or sur la base d’une action menée par la Mission locale de Beaune depuis 2002 vis-à-vis des apprentis du secteur de l’Hôtellerie-restauration. Cette action s’est toujours appuyée sur deux objectifs :


-   Réduire le nombre de jeunes abandonnant la formation en alternance dans ce secteur (il n’a jamais été question de taux de rupture…)

-    Ne laisser aucun jeune sans accompagnement suite à un abandon (de la lutte contre le décrochage avant l’heure…).


Cette expérimentation, complètement montée avec l’évaluateur (IREDU de Bourgogne, centre associé au CEREQ)= sept mois de travaux préparatoires avant le dépôt du dossier), visait à mesurer si le travail d’accompagnement mis en place à Beaune sur un secteur spécifique était transposable territorialement (d’où l’implication des deux autres missions locales du département) et sectoriellement (élargissement aux secteurs du commerce et de la viticulture).

Son résultat est simple et probant : un jeune accompagné a 4 fois moins de risque de voir son contrat rompu et 6 fois moins de voir son parcours de formation en alternance abandonné.

Il me permet de revenir sur cette notion de taux de rupture des contrats d’apprentissage (une étude du CEREQ l’aborde aussi : http://pmb.cereq.fr/doc_num.php?explnum_id=800 )

 

Le taux de rupture brut ne veut rien dire en soi ou plutôt n’a pas le sens qu’on lui donne = abandon. Il s’appuie sur le rapport entre le nombre de ruptures et le nombre de contrat enregistrés.

Avec un exemple simple, on voit ses limites : 100 jeunes signent un contrat d’apprentissage, le rompent (100 ruptures), mais signent un nouveau contrat. Le taux de rupture devient donc 100 ruptures / 100 contrats initiaux + 100 contrats nouveaux = 50% alors qu’aucun jeune n’a quitté la formation en apprentissage…

 

Ce taux brut a deux seuls intérêts :


-    Il permet d’atteindre plus facilement les objectifs annoncés nationalement : un jeune qui signe plusieurs contrats compte plusieurs fois et peut permettre de dire que l’apprentissage se développe…

-    Par contre, son grand intérêt est de mesurer la fragilité des contrats et alors, s’il est décliné en diplômes préparés et secteurs professionnels concernés, il peut permettre des plans d’actions.


Ce simple exemple montre la faiblesse des outils d’analyse de l’apprentissage et milite pour la mise en œuvre d’un observatoire national de l’apprentissage pour en mesurer els effets positifs et négatifs, quantitatifs et qualitatifs…


Suite au prochain numéro…

 


Source : http://www.e-orientations.com/actualites/le-cereq-souhaite-securiser-le-parcours-des-apprentis-11771

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