Mission. Insertion (Philippe Labbe Weblog. II)

Lecture différenciée d’une phrase du rapport de Ch. Castaner (député de la 2ème circonscription des Alpes de Haute Provence) sur le budget de la Mission Travail et Emploi (Rbeaune, 15/11/2012)

15 Novembre 2012, 20:10pm

Publié par mission

  « Si l’on intègre les 30 millions d’euros supplémentaires à destination des missions locales qui sont inscrits pour l’accompagnement des emplois d’avenir, le budget des ML progresse fortement en 2013.”.

Cette augmentation du budget correspond à une charge de travail supplémentaire = accompagner 100 000 jeunes en emploi d’avenir pendant les trois ans de leur contrat… après avoir négocié avec l’employeur un contrat d’engagement très fort (point très positif de ce dispositif à souligner) et donc lourd…

 

On peut rappeler que dans le montage initial, cette somme correspondait à 50 000 jeunes, les 50 000 autres devant être accompagnés par Pôle emploi… Donc les montants alloués par jeune ont fondu de moitié puisque Pôle emploi s’est désisté sur l’accompagnement dans l’emploi… On peut donc espérer, dans cette logique, que ces crédits pour un travail supplémentaires seront reconduits en 2014 à hauteur de 45 millions pour assurer le suivi de 150 000 jeunes…

Avec un coût complet d’un conseiller à 45 000 € (salaire brut chargé et frais de structures et de déplacement) :

 

-       l’équilibre pour une rémunération à 300€ par contrat mis en place et suivi pendant une année est à 150 contrats, soit un peu plus de 10 heures dans l’année par contrat

 

-       Si ,par un système de reconduction automatique, ce financement restait limité 30 M€ en 2014 et 2015 avec une augmentation de 50% des jeunes concernés, l’équilibre passerait par un conseiller pour 225 jeunes, soit 7 heures par contrat

 

-       Si  par malheur, ce financement de 30 M€ n’était pas reconduit en 2014, 2015 et 2016, la négociation des engagements de l’employeur et l’accompagnement pendant trois ans devraient être réalisés en 7 heures, autant dire que l’accompagnement serait inexistant, sauf à décharger les conseillers d’autres tâches, mais lesquelles ??? il n’y a plus, il n’y a pas de gain de productivité possible sauf à refuser des jeunes…

 

Mais, comme l’ont souligné les Ministres (Michel Sapin et Thierry Repentin), ce sont les engagements tenus par les employeurs en matière de formation, d’acquisition de compétences, d’encadrement et de tutorat et l’accompagnement des Missions locales (et de Cap Emploi) qui feront la réussite de ce dispositif aux termes de celui-ci… Donc on ne peut être qu’optimiste…

Autres questions que l’on peut se poser :

 

-      la différence entre un co-traitant de Pôle emploi et un sous-traitant = 230 € par jeune pour le premier (= Missions locales) et 1923 € pour un organisme privé de placement…

 

-      le devenir des crédits (48 M€) qui étaient alloués aux contrats d’autonomie : si la disparition de ces derniers est saluée par beaucoup, voire unanimement, le travail reste et va se reporter sur les Missions locales des territoires concernés

 

-       enfin, le financement d’un poste en Mission locale reste fixé à 36 000 € depuis 2005 et le Plan de cohésion sociale alors que celui d’un agent de Pôle Emploi est de 52 500 € (107 M€ de crédits supplémentaires pour créer 2 000 postes).

 

La priorité accordée aux jeunes doit conduire  à une revalorisation véritable des moyens accordés aux Missions locales pour prendre en compte :

 

-      les missions nouvelles qui leur ont été demandées sans moyen supplémentaire (plate-forme de lutte contre le décrochage, service public de l’orientation, alternance, prescription et accompagnement des contrats aidés, …)

 

-       la très forte hausse de leur activité depuis 2008 (110 000 jeunes suivis en plus, soit plus de 1.3 millions)

 

-       et la prise en compte de la professionnalisation des personnels et de la hausse des charges…

 

Cette demande pourrait paraître incongrue dans une période de maîtrise, réduction des dépenses… :

-       Mais là on peut se référer à une petite commune de Cote d’Or : Aubaine où on trouve non pas de simples champignons, mais des truffes… et à une définition d’Alternatives économiques : “L’effet d’aubaine vise essentiellement les politiques publiques. Par exemple, si, pour inciter les entreprises à embaucher, l’Etat accorde à celles qui le font une prime par embauche réalisée, cette mesure sera un effet d’aubaine pour toutes les entreprises qui étaient de toute façon sur le point d’embaucher. L’effet d’aubaine est une forme de déperdition de l’argent public, puisque, dans cet exemple, la prime aurait pu être économisée sans que le volume des embauches soit modifié”.

 

On peut donc imaginer que l’aide accordée sur les CUI-CIE en CDD puisse être remise en cause pour ne pas encourager la précarité dans les recrutements…

 

-        Mais on pourrait imaginer aussi que Pôle Emploi revoit à la hausse la « rémunération » de la cotraitance et / ou participe financièrement à l’accompagnement des 50 000 jeunes qu’elle a laissé aux Missions locales

 

-        Enfin, on ne peut qu’inciter les partenaires sociaux à reconduire leur Accord national interprofessionnel en veillant à une plus grande, voire totale articulation avec CIVIS.

 

 

 

Source : http://www.assemblee-nationale.fr/14/budget/plf2013/b0251-tIII-a47.asp

 

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